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Concept Art - Septembre 2017

Publié par - 11 septembre 2017

Catégorie(s): Concept Art

Exil

Nous avons coutume de dire, en ces temps de révolutions technologiques, que l’ « on n’arrête pas le progrès ». Mais cette course effrénée n’est-elle pas simplement une fuite en avant, une fuite de notre condition humaine simple et fragile ?
Dans un futur où les villes n’en finissent plus de déployer leurs tentacules sur terre comme vers le ciel, un peuple renonce à ce mode de vie vidé de son sens initial et retourne au nomadisme comme leurs ancêtres. Les hommes, lassés d’un entassement humain poussé à l’absurde, choisissent l’exil. Fuyant l’immobilisme confortable et mortellement ennuyeux d’une cité qui grandit autour d’un tombeau, ils choisissent l’itinérance, le mouvement, la vie.
Tandis que les autres hommes détruisent leur passé et leur planète en tentant vainement de dépasser le divin, ceux-là se laissent porter sur les chemins que la Terre leur trace. Au lieu de bâtir cathédrales et forteresses pour se protéger, ils se fondent dans les flux qui animent ce monde.
C’est l’espoir d’une vie meilleure qui pousse ces hommes à retrouver leurs racines, et paradoxalement, c’est ce même espoir qui en pousse d’autres à embarquer vers un futur par-delà les étoiles.
Romain Defélix

Splitscreen Review - concept art de Romain Defelix pour le dossier itinérance

L'homme face à la ville

C’est l’histoire d’un homme, ancien ouvrier du bâtiment, identifiable à travers le " INC." sur son col. Il est fatigué, cabossé par son métier. Contrairement à cette ville qu'il a rêvée, elle est belle, propre et sans aspérités visibles au premier regard. Le contraste entre sa peau rêche et la fumée parfaitement lisse transforme cette dernière en un écran de projection. L’image qui s’y projette est reflet de son esprit. On distingue dans celle-ci l’évidence du décalage entre l’humain et cette ville qu'il a contribué à édifier. Mais, le travail accompli, il n'y est plus à sa place. Le chantier est fini. Désormais, la ville n'a plus guère de place pour ce type d’individus. Itinérance décalée donc. Il a donné de son temps, de sa vie et même concrètement de sa santé (la cigarette) pour bâtir cet endroit. C'est un échange d’existence, la sienne qui se détruit contre celle de la ville qui lui subsistera. Il représente un peu tous ces hommes qui se déplacent en permanence sous la contrainte d’une éviction latente : celle du lieu où ils n’ont plus de raison d’être et les appels vers un ailleurs où ils sont indispensables provisoirement.
Alexandre Poyet

Splitscreen Review - concept art d'Alexandre Poyet pour le dossier itinérance

 

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