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Arrival (Premier Contact)

Publié par - 25 avril 2017

Catégorie(s): Cinéma, Sorties DVD/BR/Livres

En décembre 2016, sortait en salles françaises le nouveau film de Denis Villeneuve Arrival (premier contact). Précédé d’une réputation critique avantageuse glanée lors de sa présentation à la Mostra de Venise 2016, le film était très attendu. Attente qui est devenue coutume depuis les succès de Incendies, Prisoners ou encore Sicario.

Attendu tant l’imaginaire cinéphilique peuplé de rencontres entre humains et Extraterrestres affichait curiosité certaine dès l’annonce de la mise en production du projet. Attendu aussi car manifestement Villeneuve est aujourd’hui considéré comme une valeur, si ce n’est avérée, au moins montante de la planète cinématographique.

Attendu également puisque la notoriété de Denis Villeneuve s’est développée dans un premier temps à partir d’une reconnaissance de ses aptitudes à produire des scénographies aussi pertinentes qu’abouties. Mais, paradoxalement, ce savoir-faire narratif indéniable qui pourrait déjà constituer en soi une qualité ultime, se trouvait systématiquement minoré par des réserves pointant essentiellement des manques d’audaces formelles ou au moins certaines platitudes filmiques. Autrement dit, Villeneuve témoignait, de film en film, de son talent d’écriture mais avait réputation d’être moins à l’aise avec le langage métaphorique qui est celui de l’image.

Il y eut donc déjà un premier virage de pris avec Sicario qui passa curieusement inaperçu lors de sa présentation en compétition cannoise (il est vrai que le film de genre y est généralement peu prisé même si les décisions hâtives prises sur la Croisette se corrigent souvent lorsque les sorties s’égrènent au fil du temps). Mais Sicario, loin d’être aussi insignifiant que certains le prétendirent, ne comblait qu’en mode alternatif nos attentes. Si Villeneuve prouvait qu’il savait exprimer concepts, sentiments ou sensations par l'image, cela ne se produisait que par fulgurances qui ponctuaient le film d’un chapitrage indexé une nouvelle fois sur un modèle littéraire. Néanmoins, les audaces visuelles se multipliaient et laissaient entrevoir un avenir radieux.

L’avenir radieux prend corps avec ce Premier contact qui, à travers le cheminement de son personnage principal, Louise Banks (Amy Adams) linguiste de son état, s’apparente à la trajectoire du cinéaste. En effet, pour réussir sa mission, établir contact avec les entités extraterrestres apparues en différentes régions de la planète, Louise Banks devra abandonner les codes de sa science verbale pour adapter ses méthodes de communication sur celles des visiteurs. Et l’expression extraterrestre est avant tout image aux forts accents calligraphiés.  Une fois abstraction faite des règles qui régissent notre pensée et notre manière traditionnelle d’échanger avec autrui, le contact s’établi et les repères traditionnels volent en éclats. Cette ouverture au monde provoque réactions en chaines qui in fine touchent des domaines qui sont également ceux qui traduisent en partie l’essence des caractéristiques cinématographiques : spatialité et temporalité. Le monde s’ouvre sur de nouvelles façons de l’appréhender, de le percevoir et de vivre tout simplement.

L’édition Blu-ray/DVD mise à disposition du public par Sony a le mérite de respecter ce travail remarquable effectué sur l’image du film. Ce n’est pas surprise au regard des qualités habituelles de l’éditeur qui consistent à retranscrire le plus fidèlement les qualités cinématographiques d’une œuvre sur le support de la consultation intime que représentent aujourd’hui le Blu-ray ou le DVD.

Côté bonus, comme hélas trop souvent, les modules s’enchainent et ressemblent plus à des outils promotionnels qu’à de véritables éclairages sur les intentions formelles ou esthétiques du metteur en scène et de son équipe. Encore que, avec un minimum d’attention, il est possible de trouver ici ou là, disséminés dans de vastes étendues d’informations anodines, des éléments qui nourrissent l’approche du film et qui peuvent permettre au spectateur d’accéder à des éléments clés de la mise en scène.

Bonus :
"La xénolinguistique" : comprendre "Premier Contact" (30' - VOST)
"Récurrence éternelle" : la BO (11'20" - VOST)
"Signatures acoustiques" : la conception sonore (14' - VOST)
"Pensée non linéaire" : le processus du montage (11'20" - VOST)
"Principes du temps, de la mémoire et du langage" (15'20" - VOST)

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