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Life - Origine inconnue

Publié par - 2 mai 2017

Catégorie(s): Cinéma, Critiques

Un œil, une vision neuve sur un environnement ancré dans une certaine tradition voire routine. Voilà l’un des principaux intérêts lorsque l’on vient à visionner un film réalisé par un metteur en scène étranger au pays de production du métrage. Cet exercice, qui est celui de Life, est d’autant plus excitant pour ce même réalisateur, mais aussi bien plus alambiqué et sinueux (autant qu’il requière de la malice aux spectateurs pour l’analyser), lorsqu’il vient toquer au monde bourré de cahiers des charges des majors hollywoodiennes.

Certains en tirent d’ingénieux projets (Verhoeven, Wenders, osons Hitchcock et Lang même si autre époque, autre mœurs), d’autres se brisent les dents sur un choc des cultures trop violent (Kassovitz, Henckel von Donnersmark) quand la dernière catégorie s’épanouit et se fond complètement dans un moule qu’ils adulaient dès leur période pré-américaine (Aja, Letterier), avec quelques petites pointes d’exotisme dans leur méthodologie.

Daniel Espinosa, à travers son Life, qui nous intéresse aujourd’hui, rejoint pour sa part la troisième catégorie dont Hollywood a toujours été friand. Après une première expérience anecdotique aux States avec Safe House en 2012, le metteur en scène suédois revient aux affaires de gros sous avec un space-survival au budget confortable de 58 millions de $, sortant intelligemment en salle deux mois avant le rouleau compresseur du genre, Alien Covenant.

Il sera intéressant à bien des égards de mettre côte à côte le pur produit de commande de Ridley Scott et le film dont il est question ici. Ce sous-genre du space-survival, qui consiste schématiquement en un thriller format huis clos entre une entité extraterrestre surpuissante et des êtres humains représentés comme la race inférieure, a été balisé dans tous les sens possibles et imaginables depuis que Scott inscrivit définitivement ses codes dans le marbre en 1979 avec l’opus original Alien.

Et force est de constater en sortant de la projection de Life qu’Espinosa parvient à deux succès: donner une identité propre, un univers crédible, cohérent et attirant à un format vu et revu ; mais plus fort encore, donner un nouveau souffle à ce même univers.

L’univers crédible se transpose via une époustouflante reconstitution de la Station Spatiale Internationale (ISS) dans laquelle se déroule l’intrigue, reconstitué en partie dans les locaux des Studios Shepperton à Londres, et mis en lumière par le sous-estimé et pourtant excellent Seamus McGarvey (ayant officié notamment chez Frears, Nichols, Stone ou Edwards). Ceux qui en doute auront droit à une piqure de rappel dès l’ouverture et un plan séquence ahurissant, enterrant le Gravity de Cuarón (car s’articulant autour de décors réels). Crédible également grâce à un scénario faisant la part belle à des personnages précautionneux et humains, en contradiction avec les célèbres facilités et absurdités hollywoodiennes visant avant tout à générer du spectaculaire, jusqu’à une fin refusant les canons du genre.

Life - Origine inconnue immage du film

Souffle nouveau enfin à travers les situations que nous présente Life. La proximité de cette Terre souvent présente à l’image, fragile écosystème tout proche de l’ISS et de sa destructrice (et fort intelligente, autre distinction) forme de vie à bord crée un objectif novateur sur lequel Espinosa arrive habilement à jouer.

Au final, une gourmandise savoureuse et produite avec savoir-faire qui saura ravir les passionnés du genre, auquel le film s’adresse avant tout, ne nous y trompons pas. Un manque de seconde lecture et de profondeur du propos le relèguent sans conteste dans cette catégorie, loin de ce que le spectateur lambda a pu connaitre ces derniers mois avec Premier Contact ou Interstellar.

Pour l’anecdote, Gyllenhaal et Espinosa travailleront de nouveau côte à côte sur le prochain long-métrage de ce dernier, dont le seul intitulé The Anarchists vs ISIS laisse totalement rêveur…

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