Claire Denis

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Lumière 2018 - Master Class Claire Denis

Publié par - 19 octobre 2018

Catégorie(s): Cinéma, Expositions / Festivals

Claire Denis était à l'honneur ce jeudi 18 Octobre 2018 au théâtre de l'Odéon puisqu'une Masterclass lui était consacrée. C'était l'occasion pour la réalisatrice et scénariste de partager les moments les plus marquants de son parcours. Ayant passé toute son enfance au Cameroun, ses premiers contacts avec le cinéma furent tardifs. L'électricité provenant de groupes électrogènes, l'installation était assez incompatible avec une projection cinéma. Sa mère lui racontait ses souvenirs de cinéma. Quelques fois Claire Denis passait brièvement par Paris pour les fêtes de Noël. C'est lors de l'un de ces courts séjours que ses grands-parents lui firent découvrir le cinéma. C'était exclusivement pour y voir des films pour enfants. Claire Denis savait déjà qu'il y avait une différence entre ce que les souvenirs de sa mère évoquaient et ce qu'elle voyait. Elle rentre définitivement en France pour entrer au lycée. Sans plus attendre, elle s'inscrivit au Ciné-Club de l'établissement scolaire dirigé alors par sa professeure communiste d'Histoire-Géographie. Elle y voyait beaucoup de films russes sans que cela participe d'une volonté propagandiste. Les séances étaient avant tout axées sur la beauté du cinéma et n'étaient pas assujetties à l'idéologie communiste. "J'étais loin à ce moment là de penser qu'il était possible pour moi de travailler dans le monde du cinéma. Je me suis mariée jeune, juste après mon bac, ce qui m'a permis de me lancer dans les études que je voulais faire".

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Après un stage à TV Niger sur de courts programmes afin d'éduquer la population et à l'INA, Claire Denis commença sa formation à l'IDHEC en 1970 (Institut Des Hautes Études Cinématographiques aujourd'hui devenu La Fémis). Le directeur de l'IDHEC pendant cette période post-Mai 68 était Louis Daquin. "L'école n'en était pas vraiment une au sens propre, il n'y avait pas de professeurs, seulement des visiteurs. C'était des gens du métier, des grands chefs opérateurs, des réalisateurs […] On travaillait un peu avec eux. Rien n'était théorique, la liberté était énorme, j'étais réellement chanceuse. Je rentrais dans une autre vie, ma vie". Elle rencontre alors Robert Enrico qui avait l'habitude de brutaliser ses stagiaires et seconds assistants. "J'ai pas mal dégusté ! D'une certaine manière, il était bienveillant. C'était pour nous aider à résister à la frustration et aux désillusions". Au moment où Claire Denis allait se lancer dans la réalisation de son premier film, elle fût contactée par Wim Wenders pour travailler sur Paris-Texas. "Je me suis dis, vas-y ! Soit tu feras ton film après, soit tu pourras mourir tranquille". Sur ce tournage, elle rencontra Jim Jarmusch qui, le temps d'une romance, lui fît découvrir New York et les films d'Ozu.

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Claire Denis est venue aussi au Festival Lumière pour y présenter son nouveau long-métrage intitulé High Life et projeté en avant-première. High Life est un film de science-fiction qui se déroule dans l'espace. Dans le genre, Solaris, Stalker ou encore 2001 sont ses films préférés. " […] mais j'ai commencé par les romans de science-fiction, ça marque à vie. Je ne pensais pas avoir les moyens de faire un film de science-fiction". Claire Denis ne voulait pas de Robert Pattison pour ce film. "Il est une icône. J'ai vu les Twilight et plus récemment Cosmopolis. Je le trouvais trop froid et beaucoup trop jeune pour le rôle. On m'a forcé à le rencontrer. Il m'a convaincu qu'il était l'acteur du film, très facilement. Il n'y avait pas d'admiration dans ces mots, il disait uniquement qu'il avait juste envie de faire ça. Il se donne simplement, ça m'a touché". Avant de partir, la réalisatrice a tenu à exprimer qu'elle ne travaillait jamais sans prendre en compte le son. " J'ai toujours donné de l'importance aux métiers du son. Dans chaque plan, j'ai pensé à la position du perchman. J'ai fait du mixage sur mes deux premiers films en magnétique et en Mono. Je préfère la chaleur d'un mixage Mono comparé à la spécialité d'un 5.1".

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