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Spider-Man : New Generation

Publié par - 19 décembre 2018

Catégorie(s): Cinéma, Critiques

Réalisé par Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman, Spider-man : New Generation est sans nul doute le film d’animation le plus attendu de cette fin d’année. Aussi bien réussi graphiquement que sur le plan scénaristique, ce long-métrage, à peine sorti dans les salles, connaît déjà un franc succès et se retrouve directement nommé aux Golden Globes 2018 pour le titre du meilleur film d’animation.

Avec ce film, Sony décide d’actualiser l’univers de Spiderman pour permettre l’éclosion de nouvelles perceptions en intégrant des héros venus d’univers parallèles. Un pari risqué puisque, aujourd’hui, on compte déjà pas moins de 10 films (autant de tentatives de renouvellement du personnage) autour de la figure du célèbre homme-araignée qui fut incarné au cinéma par 3 acteurs différents (Tobey Maguire, Andrew Garfield et Tom Holland, le dernier en date).

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Dès les premiers plans, le ton est donné : image rendue sous la forme de points Benday rappelant le travail de Roy Lichtenstein, présence d’onomatopées et apparition de bulles pour exprimer la pensée des personnages, l’encrage, la colorisation, le jeu de lumières, le cadrage et les effets spéciaux, bref, tout est mis en place pour retrouver l’esprit des planches de comic-book en leur apportant cependant une dimension supplémentaire.

Grâce à tous ces procédés novateurs, l’animation semble donner vie à la bande-dessinée. Cela ravira à coup sûr les amateurs de comics qui verront ainsi s’animer les dessins qui les ont fait rêver. La technique est inédite et spécialement inventée pour les besoins du film comme l’ont expliqué les réalisateurs qui auront mis un an et demi pour réaliser 12 secondes de film.

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Mais qui est ce nouveau héros : Miles Morales ?

Cette fois-ci, ce n’est plus Peter Parker qui est au centre de l’histoire mais Miles Morales, un jeune Américain d’origine latino-africaine vivant à Brooklyn. Un jeune garçon qui essaie tant bien que mal, comme son illustre aîné, de s’intégrer et s'habituer à son nouveau collège. Plus jeune, plus dynamique, plus « fun », Miles Morales évolue dans une réalité alternative dans laquelle Peter Parker, le seul et unique Spider-Man, a été tué devant ses yeux.

Malgré une courte apparition dans les comics en 2011, ce jeune garçon, encore peu connu du grand public, va voir sa vie basculer lors qu’il va être, à son tour, mordu par une araignée radioactive et être ainsi amené à devenir le nouveau Spider-Man. À peine habitué à ses pouvoirs, il se confronte à plusieurs incarnations de l'homme araignée : Peter Benjamin Parker, dans une version plus bedonnante que l’original, Spider-Gwen, version féminine de l’homme araignée, Spider-Man noir, un détective des années 1930, Peni Parker, une version japonisante du personnage ou encore Spider-Cochon, qui semble tout droit sorti des Looney Tunes. Tous viennent de milieux parallèles.

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Ce mélange d’univers périphériques se manifeste non seulement graphiquement et artistiquement mais également techniquement avec l’usage d’un style d’animation indexé sur les caractéristiques des personnages. Chacun vient d’un monde distinct et fonctionne ou se comporte de manière singulière donc tous les personnages seront travaillés en fonction de leurs qualités (déplacements proches du manga japonais pour Peni Parker ou, lors d’actions comiques, le film est gagné par des traits cartoonesques).

Dans cette histoire, toutes les difficultés existentielles de Miles Morales s’inspirent de celles rencontrées par Peter Parker. D'emblée, Miles Morales lutte contre l’image omniprésente de son prédécesseur afin de trouver sa propre voie et devenir un héros qui ne serait pas une simple copie.

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Le film joue énormément sur les changements de tons. On navigue allègrement entre des moments comiques et des passages plus tristes comme avec la mort de Peter Parker. Malgré sa maladresse (ou grâce à celle-ci), le personnage de Miles Morales est tout de suite très attachant et gagne l'empathie du spectateur. On souhaite le voir réussir dans sa quête, l'identification au personnage fonctionne. La mort de Peter Parker agit comme un élément fédérateur : c'est la disparition d'un repère, d’une icône pour Miles Morales. Ce postulat est également effectif pour nous, spectateurs, puisque le personnage de Spider-Man habite notre imaginaire depuis toujours, ce qui nous permet de partager le désarroi du personnage et donc, de nous identifier à lui. Par ailleurs, cette conscience de la finitude est aussi une étape. Elle évoque autant un passage de témoin qu’un passage de l’âge adulte.

Depuis que Spider-Man est né, en 1962, sous la plume de Steve Ditko et grâce à l’imagination débordante de Stan Lee, il est l’un des super-héros les plus populaires de l’univers Marvel. Ici, l’histoire ne se concentre pas sur le personnage de l’homme-araignée en lui-même mais sur une nouvelle symbolique universelle qui l’accompagne. Tout le monde peut être Spider-Man, que ce soit un métis, une petite fille ou même un cochon de dessin-animé…

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Au cours des dernières années, les scènes post-génériques sont devenues des moments très attendus par les spectateurs. Une tradition et une stratégie avec lesquelles jouent énormément les Studios Marvel pour, la plupart du temps, annoncer les prochaines sorties de films et les lier les uns avec les autres.

Pour Spider-Man : New Generation, ce n’est pas une mais deux scènes post-génériques qui nous attendent. Les réalisateurs en profitent pour rendre hommage à Stan Lee et Steve Ditko, les co-créateurs de Spider-Man, tous les deux décédés au cours de l’année 2018. La 1ère scène post-générique est d'ailleurs une citation de Stan Lee  « La personne qui aide les autres simplement parce qu’il faudra le faire, ou qu’il faut le faire, et parce que c’est juste de le faire, est sans nul doute un véritable super-héros » qui provient d’une interview donnée sur l’héroïsme. 

Pour la 2ème, succulente, vous la découvrirez en allant voir le film car Spider-Man : New Generation témoigne d'une réussite formelle et esthétique qu'il serait dommage de dédaigner. Et cela ne concerne pas que les amateurs de super-héros. Au-delà de sa logique de fidélisation d'un certain public, Spider-Man : New Generation est une œuvre cinématographique inventive avant tout.

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Copyright 2018 Sony Pictures Entertainment

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