Splitscreen-review Image de Bunuel après l'âge d'or réalisé par Salvador Simo

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Festival d'Annecy - Clapin, Simó et Sakuragi

Publié par - 13 juin 2019

Catégorie(s): Cinéma, Expositions / Festivals

Pour cette 2ème journée au festival d’Annecy, retour à la compétition avec trois longs-métrages. Tout d'abord quelques mots sur J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin. Le projet est une adaptation du roman de Guillaume Laurant, Happy Hand. Contacté par Marc Dupontavice, Jérémy Clapin se lance dans la réalisation d'une animatique en 2014 pour établir d’emblée un dialogue entre l'écrit (le scénario) et l'image. Après être passé par le Festival de Cannes (Grand Prix de La Semaine de la Critique), J'ai perdu mon corps est présenté en compétition au Festival d’Annecy. Dès le début de l’histoire, on est intrigué par cette main coupée sortant d’un frigo de laboratoire qui tente désespérément de retrouver le corps à qui elle appartient. Une main mise en corrélation avec Naoufel, un jeune livreur que l’on voit grandir au fur et à mesure que la main se déplace dans les rues de Paris. Du début à la fin, le film nous emporte dans un tourbillon de sensations, tantôt surpris, tantôt tenu en haleine. Émotions et réflexions sont le résultat d'une utilisation plus que pertinente des rapports instaurés entre la 2D et la 3D. Le film séduit pour ce "dialogue" 2D/3D qui permet à J'ai perdu mon corps d'arpenter avec habileté autant les territoires de l'imaginaire que du vraisemblable par l'usage d'une animation aux traits "réalistes".

Splitscreen-review Image de J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin

Second film du jour, Buñuel, après l'âge d'or réalisé par Salvador Simó d'après le roman graphique de Fermín Solís. Le film raconte comment Luis Buñuel, après le scandale causé par L'âge d'or, a réussi à tourner son deuxième film Las Hurdes rebaptisé par la suite Tierra sin pan. L’histoire se déroule en 1930. Salvador Dalí et Luis Buñuel bénéficient tous deux d'une reconnaissance des milieux intellectuels parisiens et notamment des Surréalistes. Si L'âge d'or plaît aux avant-gardistes, le public le boude comme une partie de la critique. Luis Buñuel veut tourner rapidement la page et s'engager dans la production d'un autre film. Il se fait aider par son ami Ramón Acín qui décide de financer Las Hurdes. Buñuel, après l'âge d'or est un biopic consacré à la vie du cinéaste. Par l'interpolation d'extraits de Las Hurdes et l'exploration de l'imaginaire du cinéaste conditionné par ses années antérieures, Buñuel, après l'âge d'or prend les allures d'un portrait intime du cinéaste. La personnalité de Luis Buñuel s'extériorise par l'intermédiaire du voyage initié au sein de Las Hurdes, l’une des régions les moins avancées d’Espagne libérant ainsi sa psyché et les démons qui ne cessent de le hanter.

Splitscreen-review Image de Bunuel après l'âge d'or réalisé par Salvador Simo

Enfin, en conclusion de la journée, The relative worlds de Yuhei Sakuragi repose sur une trame complexe qui révèle les atours de la fable proposée au fil du film. The relative worlds réunit des étudiants qui se retrouvent liés entre eux par des mondes parallèles. Rien ne les prédestinait à se rencontrer. Ensemble, ils vont tenter de sauver le Japon.

Splitscreen-review Image de The relative Worlds de Yuhei Sakuragi

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