Splitscreen-review Image de Ori and the will of the Wisps développé par Moon Studios

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Ori and the Will of the Wisps

Publié par - 14 mai 2020

Catégorie(s): Jeux vidéo

La beauté est un concept auquel le jeu vidéo n’est pas insensible. Parfois, il est même possible de tomber sur une perle rare. God of War, Mass Effect ou encore Hollow Knigh sont autant de noms qui ont eu l’occasion de séduire un public par leur beauté, qu’elle soit picturale, musicale ou empruntée à une logique cinématographique. À cette liste vient presque naturellement s’ajouter Ori and the Will of the Wisps, égérie de la poésie dans le domaine du jeu vidéo. L’univers rappellerait presque les films d’Hayao Miyazaki tant on se prend à rêver de voyages et d’aventures.

Le jeu commence dans la forêt qu’Ori avait sauvée dans le premier opus. L’ambiance est aux réjouissances puisqu’on assiste à la naissance de Ku, la fille de Kuro (l’antagoniste du premier jeu). Dès cet instant, l’animation, la musique et la narration sont mises à l’honneur. Le joueur bénéficie alors d'un plan séquence qui montre l’évolution de Ku vers l’âge adulte et introduit l’élément perturbateur de ce début idyllique ; Ku est incapable de voler car son aile est atrophiée. Ori et ses compagnons trouvent alors une solution. Ils accrochent une plume qui appartenait autrefois à Kuro sur l’aile de Ku, lui permettant enfin de s’envoler. Ori et Ku partent alors pour un vol initiatique, presque synonyme de passage à l’âge adulte, mais qui finit mal puisque les deux protagonistes sont séparés par une tempête et atterrissent dans une nouvelle contrée hostile.

Splitscreen-review Image de Ori and the will of the Wisps développé par Moon Studios

Ainsi débute le jeu à proprement parler, et déjà, quelques différences mécaniques sont notables par rapport Ori and the blind forest. En effet, lorsqu’il s’agit de faire une suite à un jeu vidéo, il est souvent nécessaire qu’il y ait une évolution dans le gameplay (le gameplay définit les règles du jeu et l’ensemble des outils mis à la disposition du joueur), car le jeu peut rarement se permettre de se reposer uniquement sur un scénario solide. Ori and the Will of the Wisps n’échappe pas à la règle et implémente de nouvelles mécaniques bien pensées, bien que classiques dans ce genre de jeu. Le joueur peut personnaliser son style de jeu, ce qui apporte encore plus de profondeur à un genre déjà très complet. Grâce à cette personnalisation poussée à l’extrême, le jeu augmente sa durée de vie sans tomber dans la routine d’une collecte ennuyeuse et sans intérêt réel. Le joueur prend ainsi plaisir à errer sans cesse dans le monde (terme qui définit l'univers du jeu) pour accéder à toutes les nouvelles améliorations.

Ori and the Will of the Wisps affiche des qualités, sa direction artistique et l'utilisation de la musique, qui transcendent les limites du simple jeu vidéo. En effet, ces deux éléments fonctionnent de pair pour permettre au joueur de se plonger intégralement dans l’univers poétique d’Ori. Chaque tableau (partie d’un niveau) est travaillé dans ses moindres détails esthétiques comme l'attention particulière portée sur la couleur. Que ce soit dans les ambiances chaudes et rassurantes de la forêt ou les ambiances froides et sombres des marais, le joueur n’est jamais déboussolé et peut évoluer sans se perdre (sauf s’il se sent l’âme d’un explorateur) dans le monde d'Ori. Et si la couleur permet de créer des ambiances singulières, elle signale également les endroits dangereux ou la présence d'ennemis. On note donc une utilisation astucieuse des outils mis à disposition des créateurs.

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La musique est certainement l’un des apports les plus probants au jeu même si, pour en profiter pleinement, il convient d’installer le jeu sur disque dur SSD. Malgré cette contrainte technique, la BO de Gareth Coker est certainement une des plus travaillées observées dans un jeu vidéo et elle contribue à créer des atmosphères singulières qui influencent le ressenti du joueur. La manière dont la musique s’intègre à l'expérience de jeu rappelle le travail de Rockstar Games sur Red Dead Redemption puisqu’elle s’adapte à l’environnement et aux combats. En somme, le travail colossal et subtil de la BO sert le jeu en tant qu’outil et permet une immersion totale sans pour autant verser dans la redondance au fil du temps.

En définitive, Ori and the Will of the Wisps reste assez classique dans la jouabilité mais utilise le maximum des ressources techniques utilisées pour proposer une expérience de jeu assez rare. Bien que les développeurs du jeu étaient sceptiques à l’idée de pouvoir développer un objet supérieur à Ori and the Blind Forest, il est incontestable qu’ils ont su relever avec brio le défi et ils ont su produire un jeu qui s’inscrit dans la liste des sagas mémorables. Le contenu émotionnel d'Ori and the Will of the Wisps invite toujours le joueur à réagir. Si le parallèle avec Hollow Knight est évident, il ne faut pas oublier que la direction artistique de ces jeux leur donne une tonalité singulière. Ori and the Will of the Wisps confirme donc la maîtrise de Moon Studios et son aptitude à se renouveler à l'intérieur d'un genre de jeu dont on pouvait penser que les contours étaient définitivement figés.

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Crédit images : ©Xbox Game Studios /Moon Studios

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