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Après la Tempête

Publié par - 20 mai 2017

Catégorie(s): Cinéma, Critiques

Peintre familiale d’un Japon contemporain s’étant révélé à l’internationale par les succès critiques de Maborosi et After life, c’est en 2004 avec le touchant Nobody Knows, que le public découvre réellement Kore-Eda Hirokazu. Il nous revient aujourd’hui avec Après la Tempête, son 11ème long-métrage. Dans ce dernier film, le réalisateur nippon franchit une étape supplémentaire dans le lien très personnel qu’il tisse avec ses personnages à chacun de ses films.

Kore-Eda est donc avant tout un témoin cinématographique de l’univers familial japonais. Il en a fait sa patte, son univers, son « obsession ». Que cela soit à travers la mémoire commune d’un fils disparu (Still Walking, chef d’œuvre de sincérité et d’émotion), le voyage initiatique de deux frères (I Wish) ou encore les orphelins de Nobody Knows, son cinéma traite toujours des liens puissants et invisible du sang… et de l’amour ce qui sera encore le cas ici avec Après la Tempête.

Les œuvres citées se rapprochaient de la figure du père (Notre Petite Sœur et surtout le léger Tel Père, Tel Fils), sujet crucial pour lui qui a toujours souhaité rendre hommage à son propre paternel décédé en 2001. Et c’est à travers cette hagiographie familiale que son dernier film transfigure un peu plus son attachement déjà très personnel à ses personnages.

Après la Tempête a en effet été tourné sur les lieux d’enfance de monsieur Kore-Eda, et l’histoire qui nous est racontée, écrite évidemment de ses mains, est très proche de celle qu’il a vécue. On y suit un père donc (le très populaire et excellent Abe Hiroshi) qui refuse de suivre le modèle du sien, récemment décédé, tout en reproduisant irrémédiablement les schémas comportementaux de celui-ci. Il y est question de choix déterminant dans la vie, de modèle parental, de compensation affective, d’isolation de l’individu par les nouvelles mœurs du pays ; donc des principales thématiques déjà abordées dans les œuvres citées plus haut.

On ne peut cependant s’empêcher de penser que sur ce projet, le cœur l’a emporté sur la raison. Bien que les émotions se distillent parfaitement et que le sujet soit correctement traité (à travers un casting parfait notamment avec la présence de la délicieuse Kiki Kirin que le public français retrouvera après le succès des Délices de Tokyo), le film donne l’impression d’avoir surtout été fait pour satisfaire une envie personnelle. Cinématographiquement parlant, il se passe en effet bien peu de chose et l’on peut parler sans honte de « film mineur ». La mise en scène parait pratico-pratique, tant dans sa construction de plan que dans un rythme décousu et nous ne pouvons que nous interroger sur la nécessité d’une durée de près de deux heures pour une histoire si simple, bien que touchante.

Le film a d’ailleurs été tourné en un mois et demi, entre les prises d’un Notre Petite Sœur autrement plus ambitieux. Là était surement l’intention de Kore-Eda, faire un « petit » film personnel qui lui tenait tant à cœur. En ce sens, Après la Tempête est parfaitement réussi.

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