Image de L'opéra de Jean-Stéphane Bron

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L’opéra

Publié par - 19 septembre 2017

Catégorie(s): Cinéma, Sorties DVD/BR/Livres

C’est à Blaq Out que nous devons l’édition de L’opéra, formidable film de Jean-Stéphane Bron, réalisateur, scénariste et documentariste précédé d’une réputation flatteuse acquise grâce à des films comme : Le génie helvétique, Cleveland contre Wall Street ou L’expérience Blocher. Liste à laquelle il conviendra d’ajouter désormais L’opéra qui a fait l’unanimité lors de sa sortie en salles en avril dernier.

L’édition proposée par Blaq Out nous donne ainsi l’occasion de revenir sur l’un des plus beaux films de l’année, sorti sur nos écrans avant la mise en place de Split Screen review. L’aspect le plus remarquable de la réalisation de Jean-Stéphane Bron se matérialise par sa volonté de filmer l’institution en biais. De ne pas adopter le point de vue du spectateur ébahi par la beauté des lieux et des spectacles mais de poser sur l’opéra un regard d’observateur discrètement installé en coulisses pour voir comment vit ce lieu au quotidien.Image de L'opéra de Jean-Stéphane BronLa scène d’ouverture de L'opéra donne le « la » : nous assistons à une réunion qui prépare la présentation à la presse de la nouvelle saison. Il y est question de ce qui doit être transmis, de ce qui peut se dire et, inévitablement, de ce qui doit se taire. Le spectateur du film, contrairement à celui des productions qui seront présentées au long de l’année, est donc invité à observer par le trou d’une minuscule serrure ce qui se trame hors des feux des projecteurs. Déjà l’accent est mis sur le visible et l’invisible, le dicible et l’indicible. Jean-Stéphane Bron tisse d’emblée un lien, qui ne sera jamais rompu, entre les coulisses et la scène.

Que ne voit pas le spectateur traditionnel d’un opéra? Que n’imagine pas le citoyen? Ce qui précède la représentation, le travail des artistes bien sûr, mais, de la même manière, le quidam n’accède jamais à l’intégralité des ressources employées à la mise en place d’un spectacle qu’elles soient administratives, ouvrières ou artistiques avant, pendant ou même après le spectacle.Image de L'opéra de Jean-Stéphane BronAinsi donc, Jean-Stéphane Bron filme tout le monde concerné par la vie de l’institution, de son sommet à sa base. Le cinéaste capte tout ce qui relève de la relation humaine, dialogues, conflits, joies, peines pour dresser le portrait d’un monde qui finalement est à la fois très proche du nôtre et, en même temps, du fait de sa particularité artistique, en est fort éloigné. Parallèlement à notre société, L'opéra met en évidence que c’est l’adjonction des savoirs, des aptitudes, des facultés, des qualités ou des forces qui permettent le fonctionnement de l’institution comme la production de réalisations artistiques hors normes et garantissent sa réussite.Image de L'opéra de Jean-Stéphane BronCette intention première, qui constitue en soi la plus grande réussite du film, fait l’objet d’une grande méticulosité. Impossible d’occulter les représentations publiques mais leur mise en image traduira systématiquement la présence de ce qui se passe en coulisses pendant les spectacles. Ce ne sera jamais depuis la salle que nous observerons les talents dispenser leurs savoirs, leurs prestations mais toujours depuis le point du vue de ceux qui travaillent en dehors de la scène. Les cadrages, magnifiques, soulignent l’omniprésence de tous ceux qui participent à l’émerveillement du spectateur.Image de L'opéra de Jean-Stéphane BronL’opéra se présente donc comme une immersion dans l’une des institutions françaises les plus prestigieuses du monde des arts. Film autant archéologique (observation des différentes strates sociales qui œuvrent au sein de l’institution) que sociologique (regard sur un microcosme au travail) que politique (adjonction et cohabitation des savoir-faire à tous les étages de la pyramide sociale), L’opéra a le grand mérite de nous permettre d’accéder à l’insoupçonnable.Image de L'opéra de Jean-Stéphane BronL’image de cette édition est parfaite : quelles que soient les conditions de tournage, pleine ou faible lumière, différence chromatiques des espaces, etc. la définition relève d’un niveau d’excellence conséquent et permet avec insistance de relever combien certains plans sont d’une troublante beauté.

Côté compléments, un entretien relativement court mais essentialiste et dense de Jean-Stéphane Bron souligne quelques aspects importants de la mise en scène et des intentions qui l’ont guidée. Des scènes coupées viennent s’ajouter à l’ensemble pour prolonger le plaisir de l’incursion. Édition aussi précieuse qu’indispensable.Image de L'opéra de Jean-Stéphane Bron

Bonus :
Entretien avec Jean-Stéphane Bron
Scènes coupées

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