Jean-François Stévenin

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Les invités du festival J4

Publié par - 19 octobre 2017

Catégorie(s): Cinéma, Expositions / Festivals

Mardi après-midi la Comédie Odéon accueillait Jean-François Stévenin pour une nouvelle masterclass, ou plutôt un nouvel entretien, présenté par Thierry Frémaux, animé par Yves Bongarçon. Si lundi la prestation de Guillermo Del Toro inspirait le respect puis, celle d'Alfonso Cuarón la passion, ici c’est la tendresse de l’échange que l’on retiendra. Chauvins, les premiers applaudissements se font entendre à l'évocation du Lycée du Parc, où il a étudié, et du CNP Odéon qui a précédé le théâtre où nous sommes réunis.

Il y est question de son parcours, hors du commun bien-sûr, mais partagé avec d'autres réalisateurs de sa génération. Ces débuts tardifs d'assistant réalisateur et régisseur plateau lui permettent de rencontrer très vite Alain Cavalier et François Truffaut. Ce sont eux et peut-être quelques piques de Gerard Depardieu qui le poussent à faire le comédien. C'est sa confiance en lui, sa maitrise des tournages et son amour pour tous les métiers du cinéma qui feront de lui un réalisateur.

Son métier d'acteur, il le montre mieux qu’il n’en parle, il incarne magistralement ses anecdotes devant un public bienveillant et même comblé par ses imitations et ses reconstitutions toutes en onomatopées hilarantes. Depardieu, Villeret, Alain Cavalier, François Truffaut, se joignent à nous l’espace d’un instant, dans sa voix, dans sa gestuelle, et dans son récit, avec une précision et une justesse saisissantes. Bien-sûr, grâce aux souvenirs liés à tous ses personnages, il se raconte d’abord lui même.

Réalisateur, il explique d’abord avoir cessé de voir des films et ne pas avoir pris le parti de nourrir son cinéma par celui des autres. L’imagination est motrice, ainsi que sa propre vie. L’amour des seconds rôles et de son équipe technique est au cœur de son travail. Il crée sur le tournage avec eux "une grande mayonnaise" d'après ses mots. Cela lui demande à chaque fois une énergie considérable pour bien la faire monter.  Passe-montagne, Double messieurs, Mischka, il n'a réalisé que trois films pour cette raison mais également pour permettre à sa vie de contribuer à la fiction en enrichissant ses propres expériences avant de mettre en scène les autres. C'est sans aucune mélancolie ou amertume qu'il affirme qu'il ne recommencera jamais l'exercice de la réalisation, trop éprouvant, mais qu'il prend toujours plaisir à jouer de nouveaux rôles et n'arrêtera pas d'être acteur.

Dans l'esprit du festival, ses deux premiers films ont été restaurés et numérisés avec l'aide du CNC, permettant aujourd’hui de les sauver de la disparition. Mischka, n’ayant pas reçu la même aide, le sera également à condition que sa campagne de financement participatif soit réussie. Toujours en cours sur le site Kisskissbankbank, la collecte propose notamment en échange des plus généreuses donations un dîner avec Jean-François Stévenin, rien que ça.

Un tonnerre d’applaudissements clos l'entretien, long et unanime, comme un plan qu'on refuse de couper pour laisser la sincérité du moment durer un peu, on demande un rappel sans savoir de quoi exactement.

« Il semblerait que vous aimez bien Jean-François Stévenin » lance Thierry Frémaux, enchanté.

 

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